Vers la fin des cicatrices?

macaron
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Des chercheurs viennent de découvrir un moyen de faire pousser des cellules graisseuses dans des tissus cicatriciels et dès lors permettre à la peau de pleinement se régénérer après une lésion.

Selon une équipe de trente-huit chercheurs en médecine et en biologie régénérative, l'adieu aux balafres est peut-être proche grâce à une toute nouvelle technique permettant de transformer des myofibroblastes –les cellules caractéristiques des tissus cicatriciels– en adipocytes –des cellules graisseuses normalement absentes lorsque notre peau guérit d'une lésion. Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que cette métamorphose n'était réservée qu'aux poissons et aux amphibiens et qu'elle était inaccessible aux mammifères. Cette nouvelle étude prouve le contraire, car la conversion cellulaire a été effectuée sur des souris et des tissus cicatriciels humains –des chéloïdes– cultivés in vitro.

Si les cicatrices se repèrent sur la peau, c'est qu'elles sont dénuées de deux types de cellules: les follicules pileux et les myofibroblastes. Une réalité qui constitue le point de départ de l'étude publiée le 5 janvier dans Science.

«Fondamentalement, nous avons pu manipuler le processus de guérison d'une lésion cutanée pour qu'il mène à une régénération de la peau, pas à une cicatrisation, résume George Cotsarelis, son auteur principal. Le secret consiste à régénérer les follicules pileux en premier. Ensuite, la graisse va se régénérer en réaction aux signaux envoyés par ces follicules.»

Révolution cosmétique

De fait, l'étude montre que si les poils et le gras se développent séparément, ces processus ne sont pas indépendants. Les follicules pileux poussent en premier, sous l'action d'un facteur de croissance, le FGF9, un processus précédemment découvert par Cotsarelis et ses collègues. Ensuite, d'autres facteurs produits par les follicules en viennent à convertir les myofibroblastes environnants en cellules graisseuses –et faire que la peau se régénère sans former de cicatrices. Parmi ces facteurs, les chercheurs ont pu isoler la protéine morphogénétique osseuse (BMP), déjà connue pour intervenir dans l'embryogenèse et dans la guérison des fractures.

Soit une découverte en elle-même, vu que chez les mammifères, les «myofibroblastes n'étaient pas censés pouvoir se transformer en un autre type de cellule», explique Cotsarelis. Et une découverte qui pourrait non seulement révolutionner la cosmétique, mais aussi les traitements du VIH/Sida, qui ont souvent comme effet secondaire une perte d'adipocytes, notamment au niveau du visage, cause d'un vieillissement prématuré de la peau.

Source: slate.fr

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